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Le succès est le seul juge ici bas de ce qui est bon ou mauvais.

La légende d'Eburnie

La légende d'Eburnie

Il y a longtemps, très longtemps, régna sur les terres d’Eburnie, un puissant homme. Gbaka Lékpa était son nom. Sous son règne, le royaume d’Eburnie connu une prospérité jamais égalée. Jusqu’aujourd’hui encore, les femmes chantent son nom pour bercer leur progéniture. La renommée de Gbaka Lékpa s’étendit au-delà du continent et avec elle, la célébrité d’Eburnie atteignit des sommets inégalables.

Des commerçants venaient de tous les continents pour voir et admirer la beauté et la splendeur des palais d’Eburnie. Eburnie devint célèbre et très prospère. L’or et l’argent y coulaient abondamment. Le palais du roi ne désemplissait pas à cause du nombre élevé des visiteurs qui arrivaient chaque jour pour écouter les paroles de sagesse du roi Gbaka Lékpa.

Un jour, le roi Gbaka Lékpa se tenait sur son splendide trône d’or, entouré des princes, des sages, et de ses ministres.

Tout à coup, le grand porte- parole entra et se prosterna, frappa son front contre terre. Il s’exclama tout troublé :

« O roi vit éternellement, santé et bonheur à jamais !

A son air troublé, le roi compris qu’il y avait certainement quelque chose.

-Il vient d’arriver, dit le grand porte-parole, du Yatenga un homme fort brutal. Cet homme désir parlé à sa majesté le Roi.

-Que désire –t-il ? Demanda le roi.

- Il dit qu’il vient lancer un défi aux magiciens et devins de notre royaume.

- Qu’on le fasse entrer ! Ordonna le roi. »

On vit entrer un homme tellement grand que sa tête touchait la voûte du palais du roi d’Eburnie. Aux nombreuses scarifications de son visage on a reconnu le natif du Yatenga annoncé par le haut porte-parole du roi. Il s’inclina jusqu’à terre et se jeta à genoux. Arrogant et brutal l’étranger déclara :

« Roi d’Eburnie ! Je t’apporte un message d’une très haute importance dans ce coffret. Je vous assure que la valeur du message mérite bien qu’on y jette un coup d’œil. Mais qui peut le lire sans briser le sceau? Y a-t-il quelqu’un qui puisse lire ce message sans ouvrir le coffret ? Y a-t-il seulement un magicien en Eburnie ? Si personne ne réussit à déchiffrer ce message, j’irai proclamer devant mon roi et devant tout le peuple du Yatenga que l’art de la magie en Eburnie est misérable et impuissant. Et vous serez la risée de toute la terre. »

Le roi d’Eburnie, le grand Gbaka Lékpa était plein de colère contre l’insolence et l’arrogance de son singulier visiteur. En homme sage il ne laissa rien paraître. Il ordonna seulement qu’on fasse venir immédiatement le plus grand magicien de la cour, le sage Kotobi Dali.

« O roi, mon seigneur vit éternellement, dit le sage Kotobi Dali. Permets que l’on offre à manger et à boire à ce barbare. Et qu’on l’héberge comme il convient à un hôte du roi. Demain, devant la cour réunie, nous donnerons la preuve que l’art de la magie en Eburnie n’a point d’égale hors de nos frontières.

-Le roi apaisé pris la parole et dit : Qu’il soit fait comme tu l’as dit, o sage Kotobi Dali.

Kotobi Dali était véritablement, puissant. Pour lui la magie n’avait point de secret .Aucunes énigme ne lui résistait. Et pourtant, il était très, très embrassé : Il était difficile pour lui, voire impossible de lire une seule lettre du parchemin enfermé dans le coffret. Tout troublé, pâle et presque tremblant, le sage Kotobi Dali pris le chemin de sa demeure .Pensif, il entra chez lui et se jeta comme un objet sans âme sur le premier siège qu’il aperçut.

Que t’arrive-t-il ? O mon digne époux demanda sa femme avec angoisse. Certainement tu ne te portes pas bien.

Le sage Kotobi Dali fit part à son épouse de la visite de l’homme du Yatenga, de son défi et des difficultés qu’il avait à lire le parchemin en question dans les conditions que posait l’homme venu du Yatenga.

-Une seule brindille a –t-elle jamais constitué un balaie ? Un seul doigt peut-il ôter une noix de palmiste de la calebasse ? Seigneur mon digne époux tu sais beaucoup de choses .Agis vite pendant qu’il est encore temps.

Le sage n’eut pas à réfléchir trop longtemps pour comprendre les paroles de sagesses de son épouse. Il entra promptement dans son sanctuaire et frappa sur le tambour sacré. Le tambour des grands événements. Les initiés d’Eburnie, les devins et les magiciens le savent : ce tambour annoncent des rencontres de la plus haute importance aussi chacun par son véhicule magique qui lui est propre se rendit à la réunion ainsi convoqué : Certains se transformèrent en hiboux, d’autres en reptiles, d’autres encore en chauve- souris et les moins fortunés en mille pattes et en un rien de temps la vaste salle du sanctuaire des magiciens d’Eburnie fut remplie de monde.

Tous entrèrent un à un .Et chacun se tint à la place qui est la sienne. Le sage Kotobi Dali entra le dernier dans cette salle de la plus haute confrérie mystique d’Eburnie. Son trône était une modeste petite peau de panthère. Il s’avança majestueusement comme les circonstances l’exigent et s’y assis. Du coup la modeste petite peau du félin s’anima et devint une grande panthère très docile. Des yeux de l’animale s’échappait une lumière verdâtre qui illumina la pièce. Kotobi Dali le sage parmi les sages prit la parole et dit solennel : « Un fils du Yatenga nous défi, un homme arrogant vient se narguer de nous devant le plus craint des souverain de la terre. Son arrogance est une insulte à toute la terre d’Eburnie. Qui que vous soyez je m’adresse à vous ! De quelque origine que vous etes cela vous concerne. J’en appelle à votre patriotisme pour confondre cet homme. La question est la suivante : Un message est enfermé dans une caisse de bois. Qui peut le lire ? Vous avez tous la parole.

Le silence tomba au milieu de cette assemblée. De temps à autre on entendait le profond soupir d’un sage signe que personne ne dormait mais que tous méditaient et sondaient la profondeur de la magie de l’homme du Yatenga et évaluait à la même occasion ses pouvoirs et ses capacités.

Un homme se leva et brisa le silence qui s’était établi depuis plusieurs dizaines de minutes. Il se nommait Foroma, un pretre du foret sacré du nord :

-Permettez sage Kotobi. J’ai le pouvoir d’entrer partout où je veux même dans une bouteille fermée. Je peux entrer dans ce coffret mais dommage pour moi je ne sais pas lire or je ne revenir avec l’objet.

- -Sage Kotobi, longue vie à toi dit le vieux Oulai, un pretre du grand sanctuaire des masques des montagnes. Si tu veux que j’aille chercher le visiteur et son objet je peux le faire. Ordonne seulement et je suis prêt.

Un autre sage du nom de Hien, le magicien de la cour royal dans les savanes arborées d’Eburnie se leva à son tour et dit : Qu’on me trouve un enfant sage et intelligent je lui transmettrai en une fraction de secondes le pouvoir de lire toute écriture. Mais je ne peux entrer dans ce coffret.

Le sage Kotobi Dali avait tout compris. De la synergie des sages il tira la réponse idoine. Il engageable débat autour de la procédure. Et ensemble ils tirèrent la méthode d'attaque et de défenses contre l'intrus. La nuit fut très courte pour les mystiques d’Eburnie. Ce n’est qu’au quatrième chant du coq qu’ils se séparèrent.

Le jour se leva. Très vite le soleil se hissa dans le ciel. Vint aussi l’heure où le roi Gbaka Lékpa convoqua la cour. Le Yatengais sûr de lui entra dans le palais avec les premières personnes. Voyant que son adversaire tardait à venir, le magicien venue des savanes désertiques criait et jubilait presque : « Roi d’Eburnie : si tes magiciens ne lisent pas le parchemin qui est dans ce coffret fermé, tu devras reconnaître que la magie du Yatenga est plus puissante que la magie en Eburnie. Et ton empire sera la risée de toute les nations de la terre entière ». Devant cette arrogance l’impatience gagnait toute la cour. Cependant le roi, en homme averti ne fit rien.

Le soleil était déjà haut dans les cieux quand le sage Kotobi Dali arriva à la cour. Il se jeta à genou devant le souverain d’Eburnie et dit :

"O majesté, vit éternellement, santé et bonheur à jamais. Ce chien ne mérite pas qu’un magicien puissant et reconnu se mesure à lui. Cette tâche revient à un enfant. A mon fils Dali Djédjé. Il n’a que dix ans cela est suffisant pour répondre à ce défi.

On entendit dans la salle d’audiences un murmure de voix et même quelques fois des rires assourdis lorsque l’enfant dont la présence n’avait pas été remarqué se leva d’un point discret de la salle d’audience pour venir se mettre à genoux devant le roi d’Eburnie. Près de l’imprudent magicien venu du Yatenga. Le fils de Kotobi Dali n’était rien qu’une petite masse ridicule près du magicien Tamara. C'était là son nom.

Cet homme appartenait à une grande lignée de magicien dans son royaume.

Le fils du magicien se tint à genoux

: « Seigneur ! O mon aïeul vénéré ! Déclara-t-il d’une voix claire et ferme. Ce coffret, contient un parchemin sur lequel il écrit une histoire d’une période très, très reculé de notre peuple. Voilà ce qu'on peut y lire:

 

  1. l’empereur Zokou Gbeuli, Eburnie connu la paix, la prospérité et la gloire. Ces frontières s'agrandirent. Le secret de cette puissance ne tenait qu'à une chose simple mais combien difficile aujourd'hui. L'entente! Celle qui existait entre l'Empereur et ses fils, à quoi la comparerai-je ? Il avait quatre fils. Le fils ainé se nommait Bada .Bada avait un sens inné de l'administration des hommes. Le fils cadet de ZOKOU grand stratège militaire s'occupait de la défense du pays. La richesse du pays reposait outre sa stabilité et son administration sur l'avant dernier fils qui était son ministre du commerce. Mais le dernier fils de Zkou était le plus craint du royaume à cause de ses pouvoirs mystiques. Avec lui aucune guerre ne pouvait surprendre Eburnie car il avait le pouvoir de lire l’avenir. Zokou le père contrôlait le pouvoir de chacun de ses fils par ses conseils à l'entente. Et le royaume resta solide et inébranlable pendant plusieurs décenies. Soudées comme les doigts de la main, les autorités impériales de cette époque venaient à bout de toute situation quelle que soit sa nature. L'empire Eburnéen ne pouvait que grandir. Ce fut une époque faste où la joie se lisait sur tous les visages dans les foyers en Eburnie

Mais un jour vint où le seul ennemi invincible de l'homme s'infiltra sournoisement dans la famille impériale et frappa brusquement. Brutale et sans pitié la mort emporta l'empereur Zokou Gbeuli."

 

L'enfant marqua un temps d'arrêt : à boire dit-il. Puis devenu subitement pâle, il s'affala au sol. L'assemblée toute entière était dans la crainte sauf Kotobi et ses hommes. La salle tout à l'heure silencieuse devint bruyante. Les femmes se tapaient la poitrine pour exprimer leurs peines en voyant le petit garçon se tordre de douleurs. Les hommes aux mines dures regardaient sans parler. Il est évident que chacun jugerait à la fin, de l'attitude à tenir .Une menace de mort était évidente. Le roi suspendit la séance. De terribles pouvoirs magiques se manifestaient dans la salle d’audiences. Il faut reconnaitre que ce n'était pas un endroit indiqué pour un enfant.

Ce que Kotobi Dali et ses pairs voyant, ils répandirent une poudre blanche pour purifier le lieu et séance tenante ils donnèrent à boire une mixture de leur science à l'enfant. L’enfant se tint un moment sur ses fesses et regarda l'assemblée. Puis ouvrant la bouche il demande au magicien Tamara " ce que je viens de dire n’est- il pas écrit dans ce coffret ?

Un tonnerre d'applaudissement éclata. C'était une victoire de voir le petit magicien retrouvé ses sens. Dis-la vérité sinon tu sortiras d'ici écorché par gba gba dè, le Dieu du tonnerre".

Le magicien venu du Yatenga pris entre la crainte de voir s'exécuter la menace de l'enfant et l'orgueil de celui qui se croit invincible s'exprima en ces termes : que pourrais-je dire avant que tu n’es déclaré la fin de la lecture. La lutte n'est pas gagnée tant que l'adversaire n'est point couché au sol.

L'enfant se mis à nouveau sur ses genoux et fixant ses yeux sur le coffret posé devant le magicien étranger il se mit à lire ce qu'il était seul à voir.

" Après la mort de leur Père les fils du Zokou Gbeuli oubliant les conseils de leurs père se liguèrent les uns contre les autres. Tentés par le pouvoir trois fils du défunt empereur se rebellèrent contre leur ainé Bada à qui le trône était destiné en héritage.

Cependant Bada le fils ainé conserva entre ses mains le trône de son père et quelque petite province du sud de l'empire. Ces trois autres frères s'accaparèrent l'un de l'ouest montagneux aux immenses richesses minérales, un autre, du centre et le troisième, du nord. Malgré toute sa diplomatie, Bada le fils ainé n'est pas parvenu à ramener ses frères de sang à l'ordre. La division fut entièrement consommée.

Et ce qui devait arriver, arriva. Des barbares venus des contrées voisines du nord attaquèrent par surprises l'ouest montagneux. Malgré la puissance de son armée, le fils cadet de Zokou grand strtège militaire du temps de son père ne put repousser ses adversaires. Il perdit la bataille et l'ennemi pris alors le contrôle de son territoire. Acculé il prit la fuite et vint se réfugier auprès de son frère Bada qui, sans rancunes le reçu. Les troupes Yatengaises, car c'est d'elles qu’il s’agit, dans leur fureur se lancèrent à l'assaut du nord. Les villes tombaient les unes après les autres devant elles. Elles écrasaient tout sur leur passage. Comme des fourmis magnans elles se répandaient partout.

Une nuit Bada fut visité par un songe étrange. Dans cette vision nocturne Bada se trouva devant la grande salle d'audiences du palais. Un énorme oiseau semblable à un aigle se tenait devant la porte du palais. Les enfants le virent et lui donnèrent la chasse. Au lieu de s'envoler l'oiseau de proie se mis à courir de toute la force de ses pattes. Mais il ne fut pas le plus rapide. Les enfants le rattrapèrent, l'attrapèrent et l'apportèrent à Bada. En le prenant Bada comprit pourquoi cet aigle au lieu de s'envoler avait préférer la course: Ses ailes étaient presque dégarnies: En vérité chaque aile ne portait qu'une plume et une seule. Une plume à chaque aile pour un si gros oiseau.

Bada le libéra il voulut prendre appui pour s'envoler et il tomba lourdement puis se mis à nouveau fuir sur ses pattes.

Les enfants lui donnèrent à nouveau la chasse et le firent prisonnier. A son réveil Bada fit venir le devin de la cour qui lui dit: O Roi vit éternellement, paix et joie. Les Dieux de tes ancêtres te posent une question : " Quelle chance a, cet oiseau de survivre au milieu de ses ennemies, d’échapper à ses poursuivants. Quelle chance avez-vous tes frères et toi d'échapper à l'ennemie chacun de vous pris individuellement?

A suivre !

Anderson Gballou

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